samedi 9 mai 2009

L'homme invisible

L'invisibilité, quel concept merveilleux de prime abord ! Pourtant dans son roman, H.G. Wells montre un autre aspect de l'état d'invisibilité. Et c'est finalement un être en plein désarroi, solitaire, abandonné qu'il nous décrit. Le roman est très porteur sur bien des points.



Quoi qu'il en soit, le thème de l'invisibilité ne pouvait que séduire le cinéma, et alors il fut nécessaire d'avoir recours à des trésors d'inventions, surtout en 1933 avec le film de James Whale, pour mettre en scène un parfait invisible.






Mais pour moi et beaucoup d'autres, l'homme invisible reste associé au nom de Peter Brady et à la série anglaise des années 50/60, où tout ce qui pouvait se passer, reposait sur un seul fait important : le héros était invisible !
Dès le générique du feuilleton on était emballé, et la très regrettée ORTF peut s'enorgueillir d'avoir diffusé ce chef d'oeuvre de la S-F sur sa 1ère chaîne en noir et blanc.

vendredi 8 mai 2009

Surendettement


André Leluc, un quadragénaire malingre et moustachu, ouvrit la porte de son appartement.
Sur le palier se tenait un homme grand et maigre, vêtu d’un pardessus noir et coiffé d’un chapeau de même couleur. Ces deux éléments faisaient d’ailleurs ressortir le teint pâle de l’individu, et c’est d’une voix monocorde qu’il dit :
— Monsieur Leluc ?
L’intéressé hocha la tête.
— Maître Albert Swin, huissier de justice, fit l’autre.
André Leluc ravala difficilement sa salive.
— Vous n’avez pas donné suite à mes injonctions, monsieur Leluc, poursuivit l’huissier.
— Je sais, fit Leluc, mais j’ai un tas de crédits sur le dos…
L’huissier tendit aussitôt une feuille.
— Tenez, c’est votre convocation pour l’hôpital.
Leluc prit la feuille, et l’huissier se retira.
Leluc referma tout doucement la porte, et alla retrouver dans le séjour sa femme et ses trois enfants.
Mariette, l’épouse, une petite brune, se mordit les lèvres en voyant l’air qu’affichait son mari. Quant aux enfants, trois garçons de 5 à 10 ans, ils cessèrent de jouer.
— C’était l’huissier, fit Leluc.
— Alors ? fit sa femme.
Leluc haussa les épaules avec fatalisme.
— Alors, je suis convoqué à l’hôpital pour un prélèvement d’organes.
Sa femme prit un air catastrophé.
— Mais ils ne vont quand même pas…
— Si, fit son mari, c’est le seul moyen pour rembourser les échéances en retard du crédit de la voiture. Puis, de toute façon, c’est la loi. Toute personne qui ne peut plus rembourser une dette, doit se voir prélever un organe pour s’en acquitter. Vu qu’il y a de plus en plus de demandes et de moins en moins de donneurs volontaires, la loi est appliquée à son maximum.
— Mais ce n’est pas possible ! fit sa femme. Écoute, tu n’as qu’à t’enfuir !
Leluc regarda sa femme avec un sourire triste.
— À quoi cela servira-t-il ? S’ils ne me retrouvent pas, c’est à toi ou aux enfants qu’ils prélèveront un organe. Je préfère quand même que ce soit moi qui y passe.
— On va tous s’enfuir ! s’exclama Mariette.
— Ils finiront par nous retrouver, fit son mari. Et alors, nous aurons en plus des pénalités à acquitter ; c’est-à-dire un organe supplémentaire à donner. Non, il vaut mieux se résigner.
Et c’est ainsi que deux jours plus tard, à 10 h précises, André Leluc se présenta à l’hôpital de la ville.
Il fut dirigé vers le service du Dr Cavet.
Celui-ci, un homme carré à la chevelure assortie à sa blouse, prit la feuille que lui tendait Leluc, et fit après y avoir jeté un coup d’œil :
— Ah, il s’agit d’une saisie d’huissier.
Puis après voir regardé plus attentivement la feuille, il ajouta :
— Oh, là ! la somme est importante. Il va falloir vous prélever au moins un rein et un poumon. Bon, vous allez d’abord passer en salle d’examen clinique, que l’on vérifie si les organes sont en bon état.

***

Après avoir subi divers examens durant deux bonnes heures, Leluc attendit seul, allongé sur un lit dans une chambre aux murs blancs, la suite des événements.
Il avait fini par croire qu’on l’avait oublié, quand la porte de la chambre s’ouvrit d’un coup, et qu’apparut le Dr Cavet, l’air contrarié.
— Ah, monsieur Leluc, je n’ai pas une très bonne nouvelle à vous annoncer. Nous avons décelé une tumeur maligne sur le rein et le poumon que je devais prélever. Et quant à l’autre rein et l’autre poumon, si leur état n’est pas aussi catastrophique, ils n’en demeurent pas moins également atteints. Donc, on peut évaluer votre espérance de vie à un petit mois.
Leluc était livide sur son lit, incapable de prononcer le moindre mot.
— Oh, mais ne vous en faites donc pas, dit le médecin en lui tapotant l’épaule avec bienveillance, j’ai une solution. Voilà ce que je vous propose : nous allons vous euthanasier, mais avant vous allez signer un document comme quoi vous faites don de votre corps à la médecine. Ainsi, en agissant de cette manière, vous épongez votre dette concernant le crédit de votre voiture, mais en plus vous allez permettre à votre épouse de toucher une substantielle somme d’argent lui permettant de régler tous vos autres crédits, et même d’en contracter de nouveaux. Croyez-moi, vous allez agir à la fois pour le bien de la science, et celui de votre petite famille. Alors, vous êtes partant ?
— Ben… si c’est bien ainsi, bredouilla Leluc, complètement perdu.

***

Mariette Leluc apprit avec douleur la mort de son mari, mais le fait d’être désormais à l’abri des problèmes financiers comme on le lui avait annoncé, atténua un peu sa peine.
Aussi fut-elle dépitée lorsqu’un jour, après avoir ouvert la porte, elle découvrit l’huissier sur le palier.
— Mais… mais… que se passe-t-il ? fit-elle.
— Ah, madame Leluc, fit l’huissier, figurez-vous qu’on a volé le corps de votre mari.
Mariette écarquilla les yeux de surprise.
— Co… comment ?
— Oui, poursuivit l’huissier, les chercheurs se livrent une guerre sans merci pour parvenir à leurs fins. Certains n’hésitent même pas à voler les cadavres dont disposent leurs concurrents. Et ça a été justement le cas avec celui de M. Leluc. Le problème, c’est qu’il doit s’agir d’un, ou même de plusieurs chercheurs étrangers. Il n’y a donc aucune chance que l’on retrouve un jour votre mari.
Mais alors, fit Mariette, qu’elles vont être les conséquences ?
— Les conséquences ? fit l’huissier d’un air faussement distrait. Eh bien, les conséquences sont que dans ces conditions, vous ne pouvez plus disposer de la somme d’argent que vous attendiez, mais qu’en plus, la dette concernant votre crédit voiture est de nouveau à recouvrer.
Et aussitôt, l’huissier tendit une feuille en concluant :
— Tenez, c’est votre convocation pour l’hôpital.
Patrick S. VAST - Mais 2009

mercredi 6 mai 2009

Planète Song

C'était en 2007, et le fanzine Géante rouge organisait un concours où il convenait de bâtir un récit poursuivant le passage suivant :
« Elle se souvenait parfaitement de la date : c'était justement le jour où Lila avait emménagé, le lendemain de l'arrivée de ce vaisseau… »


Très vite le titre "Planète Song" m'est venu à l'esprit, ainsi que l'idée de traiter de la matérialisation et de la dématérialisation de la musique. Un thème qui allie deux de mes passions : la SF et la musique sous toutes ses formes, et dans le cas présent, principalement de la country music.

Alors, on lit le texte en PDF en cliquant ici même.

Et puisqu'il est question de Tammy Waynette, on l'écoute dans "Stand by your man".


TAMMY WYNETTE - STAND BY YOUR MAN
envoyé par pierrot77

mardi 5 mai 2009

La guerre des mondes

Les Martiens seraient-ils des gentils ou des méchants ? Au XIXème siècle, H.G. Wells penche plutôt pour la seconde solution. Détenteur du "Rayon ardent", ils débarquent sur la Terre qu'ils tentent d'envahir. Tout d'abord impuissants face à cette invasion, les Terriens sont finalement sauvés par un événement fortuit.
Le mythe de l'envahisseur perdurera au-delà de ce roman, et celui des extraterrestre n'en n'a jamais été un pour tout amateur de S-F qui sait repousser les frontières du possible, et croit en la poésie universelle des rêves, partie intégrante d'une réalité à venir.

En 2005, Steven Spielberg s'attelait à sa propre adaptation du roman, à sa propre conception du jour où tout pourrait basculer.



lundi 4 mai 2009

Des soucoupes volantes à Sherbrooke ?

D'une part, c'est une soucoupe volante qui sert d'en-tête à ce blog, d'autre part, c'est à Sherbrooke qu'est domicilié "Nocturne, le fanzine culte" qui a déjà publié trois de mes nouvelles fantastiques.
Alors, que des soucoupes volantes auraient pu être aperçues dans le ciel de la ville le 30 juillet 1952, voilà qui me passionne et que je tenais à vous faire partager en cliquant ici.

dimanche 3 mai 2009

Farenheit 451

Avec ce roman, en excellent visionnaire, Ray Bradbury posait les bases de la déculturation, de l'annihilation du savoir. Les livres que, paradoxalement, des pompiers sont chargés de brûler, symbolisent toutes les phases des manipulations mentales qu'exercent régulièrement les moyens de communication dirigés, tous les facteurs générateurs d'ignorance et d'interdiction du sens critique.





Le roman fut adapté en 1966 par François Truffaut. On le savait maître dans l'art du polar, mais son approche de la S-F fut, et reste convaincante.
Les contenus des livres que certains, n'admettant pas l'ordre nouveau de la pensée dirigée, apprennent par coeur pour les transmettre, sont autant d'îlots de résistance que l'on rencontre de nos jours à l'égard des ennemis du pluralisme, et qu'il faudra sans aucun doute conforter dans l'avenir.



vendredi 1 mai 2009

Chadoogie


J'ai toujours été passionné par les histoires de voyages dans le temps. Et la première qui m'a emballé, est certainement celle de la BD "Le piège diabolique" d'Edgar P. Jacobs découverte en épisodes dans les pages du journal Tintin dans les années 60. Dans ma nouvelle "Chadoogie", c'est un hommage que je rends à cette BD et au Chronoscaphe dont se sert le professeur Mortimer.
L'histoire est la suivante : un chat de gouttière part à bord d'un engin très proche du Chronoscaphe et se retrouve dans un futur lointain où la Terre est peuplée et dominée par les Chats qui s'écrivent alors avec C majuscule.
Lors de la publication du texte dans Phénix Mag, un lecteur avait tenté une critique en estimant naïf le fait de décrire des créatures dotées de plusieurs bras et jambes. Malheureusement pour cet apprenti critique fort peu avisé, un article est paru peu de temps après, annonçant ceci.
Il est bien évident que si en 2008, une femme a pu mettre au monde un bébé avec 4 bras et 4 jambes, mes créatures existant vers le 50ème siècle, risquent fort, compte tenu des diverses mutations pouvant avoir lieu d'ici là, d'en compter bien plus.

Autre point de départ à cette nouvelle, la disparition de mon chat Zen (Ska dans la nouvelle), le 8 janvier 2004 au soir. Je me plais à espérer qu'il se trouve dans le futur, et que comme dans la nouvelle, ses congénères vont le laisser repartir vers le XXIème siècle. Ça serait un dénouement formidable.
En attendant, lisez donc l'histoire en PDF en cliquant ici.
Enfin, pour conclure, je dois expliquer le titre. Je dirai que c'est la version "chatifié" de "Shadoogie", un morceau des Shadows, groupe instrumental anglais, qui est lui même inspiré par le "Guitar Boogie" d'Arthur Smith.
Alors, finissons en musique.